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Les perturbateurs endocriniens caches dans votre cuisine

PFAS, BPA, phtalates, aluminium : identifiez les perturbateurs endocriniens caches dans vos ustensiles de cuisine et apprenez a les eviter.

Par Francois Benavente
Les perturbateurs endocriniens caches dans votre cuisine

Des polluants dans chaque repas

Vous choisissez vos legumes bio, votre viande en circuit court, vos oeufs de poules élevées en plein air. Vous faites attention aux étiquettes, aux additifs, aux pesticides. Mais avez-vous jamais retourne votre poêle pour vérifier ce qu’elle contenait ? Les perturbateurs endocriniens les plus insidieux ne sont pas dans vos aliments, ils sont dans les ustensiles avec lesquels vous les cuisinez.

Un perturbateur endocrinien est une substance chimique d’origine artificielle capable d’interferer avec votre système hormonal, même à des doses infinitesimales. Ces molécules miment, bloquent ou modifient l’action de vos hormones naturelles : œstrogènes, testosterone, hormones thyroïdiennes, insuline. Leur particularite est qu’ils agissent à des concentrations si faibles que les seuils de sécurité classiques de la toxicologie ne s’appliquent pas. C’est ce que les scientifiques appellent “l’effet faible dose” et la “courbe en U inversee”.

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Les PFAS : les “polluants eternels”

Les substances per- et polyfluoroalkylees (PFAS) forment une famille de plus de 4 700 composes chimiques synthetiques utilises depuis les annees 1950 pour leurs propriétés antiadhésives et hydrophobes. Le plus connu est le PTFE (polytétrafluoroéthylène), commercialise sous le nom de Teflon, mais les PFAS se retrouvent aussi dans les emballages alimentaires, les moules a patisserie, les sacs de cuisson et même certains papiers sulfurises.

On les appelle “polluants eternels” parce que leur demi-vie dans l’environnement est estimée a plus de 1 000 ans. Une fois qu’un PFAS est synthetise, il ne disparait jamais. Il s’accumule dans les sols, les eaux, les chaînes alimentaires et les organismes vivants. Dans le corps humain, la demi-vie du PFOA (acide perfluorooctanoique, le composant historique du Teflon) est de 3 à 5 ans. Cela signifie que si vous avez ete expose regulierement pendant 20 ans, il faudrà 15 à 25 ans sans exposition pour éliminer la majeure partie de la charge accumulee.

Les PFAS sont des perturbateurs endocriniens puissants. Ils interfèrent avec les hormones thyroïdiennes (reduisant la T3 libre et elevant la TSH), perturbent le métabolisme des lipides (augmentant le cholesterol total), alterent la fertilite masculine et feminine, et sont associes à un risque accru de cancers du rein, des testicules et de la thyroide. En 2023, l’EFSA (Autorite européenne de sécurité des aliments) a abaisse la dose journaliere tolérable à 4,4 nanogrammes par kilogramme de poids corporel, un seuil si bas qu’il est dépasse par la majorité de la population européenne.

Dans votre cuisine, les PFAS se cachent principalement dans les poêles et casseroles a revêtement antiadhésif, les moules en silicone de mauvaise qualité, les barquettes alimentaires en carton traite (pizza, fast-food), et les sacs de cuisson au four.

Le BPA et ses substituts : le piege du “sans BPA”

Le bisphenol A (BPA) est un compose chimique utilise dans la fabrication des plastiques polycarbonates et des resines epoxy. On le retrouve dans les boites de conserve (resine interieure), les bouteilles en plastique dur, les contenants de stockage alimentaire, les couvercles de bocaux et certains revêtements de casseroles.

Le BPA est un xenoestrogene : il mime l’action de l’estradiol, l’hormone œstrogène la plus puissante, en se fixant sur les recepteurs aux œstrogènes. À des doses même infimes, il peut perturber la puberte, la fertilite, le développement mammaire, le métabolisme du glucose et le fonctionnement thyroïdien. C’est l’un des perturbateurs endocriniens les plus etudies, avec plus de 10 000 publications scientifiques à son actif.

Face à la pression des consommateurs, l’industrie a remplace le BPA par des substituts : BPS (bisphenol S), BPF (bisphenol F), BPAF. Le problème est que ces substituts ont une activité oestrogénique comparable, voire superieure, au BPA. L’étiquette “sans BPA” est donc souvent un leurre : le produit contient un autre bisphenol tout aussi problématique. Le seul moyen sur d’eviter les bisphenols est d’eviter le plastique au contact des aliments, surtout à chaud.

Les phtalates : les plastifiants invisibles

Les phtalates sont des plastifiants ajoutes aux matières plastiques pour les rendre souples et flexibles. On les trouve dans les films alimentaires, les gants jetables de cuisine, les joints d’étanchéité, les tuyaux en PVC et certains emballages alimentaires. Ils ne sont pas lies chimiquement au plastique, ce qui signifie qu’ils migrent facilement vers les aliments, surtout en presence de chaleur et de corps gras.

Le DEHP (di-2-ethylhexyl phtalate) est le phtalate le plus répandu. C’est un anti-androgene puissant : il inhibe la synthese de testosterone en bloquant l’expression du gene StAR (steroidogenic acute regulatory protein) dans les cellules de Leydig. L’exposition aux phtalates est associée à la baisse de la qualité du sperme, à la cryptorchidie (testicules non descendus), à l’hypospadias chez le garçon et à la puberte precoce chez la fille.

En cuisine, la regle est simple : ne chauffez jamais du plastique. Pas de film alimentaire au micro-ondes. Pas de stockage chaud dans des contenants en plastique. Pas de bouilloire en plastique. Preferez le verre, l’inox, la porcelaine et le bois pour tout ce qui touche vos aliments.

L’aluminium : le neurotoxique meconnu

L’aluminium est le troisieme élément le plus abondant de la croûte terrestre, mais il n’a aucune fonction biologique connue dans l’organisme humain. C’est un élément purement toxique à toute dose, que le corps ne sait pas métaboliser et doit éliminer par voie renale.

En cuisine, l’aluminium se retrouve dans les casseroles et poêles en aluminium non anodisé, le papier aluminium (surtout au contact d’aliments acides ou sales), les canettes, les barquettes alimentaires et certains additifs alimentaires (agents levants, colorants).

La cuisson d’aliments acides (sauce tomate, compote, choucroute) dans un recipient en aluminium peut multiplier par 10 la migration du métal vers les aliments. Pierre-Valentin Marchesseau, fondateur de la naturopathie française, incluait déjà l’aluminium dans sa liste des “facteurs d’encrassement humoral” a eviter absolument.

Comment assainir votre cuisine en 5 gestes

Le premier geste est de remplacer toutes vos poêles et casseroles antiadhésives rayees par des ustensiles en inox 18/10. C’est l’investissement le plus rentable que vous puissiez faire pour votre santé. Un jeu d’ustensiles en inox triple fond de qualité, comme ceux proposes par PranaCook, durerà toute votre vie.

Ce principe vaut aussi pour vos appareils électroménagers : un extracteur de jus de qualité utilise des matériaux Tritan BPA-free et des vis Ultem, sans perturbateurs endocriniens.

Le deuxieme geste est d’éliminer le plastique au contact des aliments chauds. Remplacez vos contenants de stockage en plastique par des bocaux en verre avec couvercle inox ou bambou. Bannissez le film alimentaire plastique au profit des bee wraps (coton enduit de cire d’abeille) ou des couvercles en silicone de qualité alimentaire.

Le troisieme geste est de cesser d’utiliser du papier aluminium pour la cuisson. Remplacez-le par du papier sulfurise non traite PFAS (vérifiez la mention “sans fluore” ou utilisez du papier sulfurise certifie bio) ou, mieux encore, cuisez directement dans vos ustensiles en inox.

Le quatrieme geste est de filtrer votre eau de cuisson. Les PFAS, les residus medicamenteux, le chlore et les métaux lourds presents dans l’eau du robinet se concentrent pendant la cuisson. Un filtre a charbon actif ou un système d’osmose inverse amélioré significativement la qualité de votre eau de cuisson.

Le cinquieme geste est de ventiler votre cuisine. La cuisson génère des composes organiques volatils (COV), des particules fines et des gaz. Une hotte aspirante efficace ou, a defaut, une fenêtre ouverte pendant et après la cuisson, réduit significativement votre exposition par voie respiratoire.

L’effet cocktail : quand les petites doses s’additionnent

En naturopathie, nous comprenons que le terrain est plus important que l’agent. Un perturbateur endocrinien isole, a dose infime, ne provoquera peut-être aucun symptome detectable. Mais l’exposition simultanee à 10, 20, 50 perturbateurs endocriniens differents, jour après jour, pendant des annees, cree un “effet cocktail” dont les conséquences sont bien reelles.

C’est ce que le docteur Seignalet appelait “l’encrassement progressif du terrain” : une accumulation silencieuse de molécules xenobiotiques qui sature les capacites de détoxification hépatique, perturbe l’équilibre hormonal et cree un terrain propice aux maladies chroniques.

Votre cuisine est l’un des lieux ou l’effet cocktail est le plus concentré. Chaque repas préparé dans un ustensile inadequat, stocke dans un contenant plastique, cuit dans de l’aluminium, additionne d’eau chloree, est une dose supplémentaire qui s’ajoute à la charge toxique totale. Inversement, chaque geste d’assainissement allege cette charge et libère les capacites d’autorégulation de votre organisme.

Pour une alimentation qui soutient le processus anti-inflammatoire naturel du corps, découvrez notre guide de l’alimentation anti-inflammatoire et essayez notre smoothie anti-inflammatoire aux fruits rouges.

FAQ

Les poêles en céramique sont-elles une bonne alternative ?

Non. Les poêles dites “céramique” sont en realite des poêles en aluminium avec un revêtement sol-gel qui se degrade en 6 à 18 mois. Une fois use, vous cuisinez sur l’aluminium nu. De plus, certains revêtements céramiques contiennent des nanoparticules dont l’innocuite n’a pas ete démontrée. L’inox 18/10 reste la seule alternative totalement neutre et durable.

Le silicone de cuisine est-il dangereux ?

Le silicone de qualité alimentaire (platine-catalyse) est considère comme relativement inerte jusqu’à 230 degrés. Cependant, les silicones bon marché (peroxyde-catalyse) peuvent libérer des composes volatils à la chaleur. Preferez les moules en inox ou en verre pour le four. Si vous utilisez du silicone, choisissez exclusivement du platine-catalyse et ne dépassez jamais 200 degrés.

Comment savoir si mes ustensiles contiennent des PFAS ?

Tout revêtement “antiadhésif” classique contient du PTFE (un PFAS). Les mentions “Teflon”, “antiadhésif”, “PTFE”, “revêtement fluoropolymere” sont autant de signaux d’alerte. Si votre poêle à un revêtement lisse, gris ou noir, dans lequel rien ne colle, elle contient très probablement des PFAS. Seules les poêles en inox nu, en fonte brute ou en fer minéral sont garanties sans PFAS.

Les boites de conserve sont-elles toutes contaminees au BPA ?

La majorité des boites de conserve métalliques utilisent encore un revêtement interieur en resine epoxy contenant du BPA ou ses substituts. Privilégiez les bocaux en verre, les conserves en bocaux ou les aliments frais. Si vous utilisez des boites de conserve, rincez le contenu et transvasez-le immediatement dans un recipient en verre.

Pour aller plus loin

A lire aussi : Les perturbateurs endocriniens caches dans ta cuisine : Decouvre tous les perturbateurs que tes ustensiles libèrent.

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Francois Benavente

Naturopathe certifié, fondateur de PranaCook

Passionne de cuisine saine et de micronutrition, Francois accompagne ceux qui souhaitent reprendre le controle de leur alimentation. Retrouvez ses articles complets sur francoisbenavente.com.

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