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Herbalisme : quelles plantes potageres pour ta santé au quotidien

L'herbalisme en cuisine : comment utiliser le radis noir, l'artichaut, le fenouil, l'oignon et les plantes potageres pour drainer tes emonctoires naturellement.

Par Francois Benavente
Herbalisme : quelles plantes potageres pour ta santé au quotidien

Un chamois en sait plus que nous sur les plantes

Un chamois mordu par une vipere se purge instinctivement en broutant des euphorbes qu’il ne mange pas d’ordinaire. Le loup fait de même avec la racine de renouee. Les chats et les chiens mangent des herbes qui produisent expectoration ou defecation. Cette observation du botaniste Schauenberg, citee par le biologiste Marchesseau dans son Livret N.44 “De l’usage des plantes en naturopathie”, pose une question fascinante : pourquoi l’homme a-t-il perdu cette intelligence instinctive ?

L’herbalisme, c’est justement l’art de retrouver cette intelligence. Mais attention : l’herbalisme n’a rien a voir avec la phytotherapie. « La verite nous oblige a dire que tous ces phytotherapeutes se conduisent en parfaits allopathes », ecrivait Marchesseau. Opposer une plante à un symptome, c’est reproduire la logique medicale classique avec des végétaux. L’herbalisme fonctionne autrement : il utilise les plantes alimentaires, celles de ta cuisine, pour accompagner le corps dans son travail naturel d’élimination.

Herbalisme versus phytotherapie : une confusion dangereuse

La phytotherapie moderne, nee des ecrits d’Henri Leclerc en 1922, fonctionne sur un schema simple : une maladie, une plante. Bronchite ? Tussilage. Calculs renaux ? Chiendent. Le problème, c’est que cette approche reproduit exactement l’erreur de la médecine allopathique. Elle combat le symptome au lieu d’accompagner le terrain.

Marchesseau identifiait trois erreurs majeures de la phytotherapie classique. D’abord, l’usage de plantes qui freinent l’élimination naturelle (les anti-diarrheiques, les antipyretiques, les antisudorales). Ensuite, la toxicité de nombreuses plantes medicinales. Enfin, des soins limites aux effets visibles sans chercher les causes profondes.

L’herbalisme, au contraire, se concentré sur les emonctoires : ces organes filtres (foie, intestins, reins, peau, poumons) qui nettoient le sang et la lymphe. Et pour activer ces emonctoires, Marchesseau privilegiait les plantes de ta cuisine avant toute plante medicinale. « Toutes les plantes dites medicinales contiennent des poisons plus ou moins violents. C’est ce poison qui determine une réaction de l’organisme. Nous preferons avoir recours à un aliment, lorsqu’il produit les mêmes effets. »

Les plantes de ta cuisine qui drainent le foie

Le foie, la vesicule et l’intestin forment le circuit emonctoriel le plus important. Marchesseau a identifié plusieurs plantes potageres de premier ordre pour les activer.

Le radis noir est le champion du drainage hépatique. Puissant detersif sans aucun inconvenient ni contre-indication, il se consomme idéalement cru. Tu peux macher la racine a fond, ce qui tonifie aussi les gencives, ou la raper finement, ou encore en extraire le jus avec un extracteur. La dose en periode de cure : un verre de jus deux fois par jour. Evite les sirops au sucre ou les teintures alcoolisees qui denaturent ses principes actifs.

L’artichaut est une merveille, a condition de le manger cru. Car l’artichaut cuit perd la plupart de ses qualites, selon Marchesseau. Toutes les parties de la plante (feuilles, tiges, racines, capitules) renferment des oxydases et peroxydases, qui sont des nettoyeurs puissants des tissus surcharges. Pour une cure efficace, fais macerer 200 grammes de substance fraîche finement coupee dans un litre d’eau à 40 degrés pendant trois heures. Bois un grand verre de cette boisson froide au reveil, en guise de petit-dejeuner, pendant deux a trois semaines.

Le fenouil, connu des Egyptiens de l’Antiquite, se mange cru en salade a raison de 100 grammes par jour. Son gout delicieux d’anis s’accommode très bien avec le persil. Les graines broyees s’incorporent aux crudites.

Le cerfeuil, base des “fines herbes”, apporte ses vertus hépatiques a raison de 20 à 30 grammes deux fois par jour, finement coupe en salade. L’infusion et la distillation nuisent à ses vertus : il faut le consommer cru.

L’ail, que Marchesseau appelait « la reine des plantes detergentes », se prend idéalement en poudre (obtenue de la plante fraîche, deshydratee à froid) : une cuillere a cafe dans la salade par repas. Cuit au four, une tête d’ail (cinq a six gousses) deux fois par jour est acceptee par tous les estomacs.

Les plantes qui font travailler tes reins

L’oignon est l’un des meilleurs diuretiques connus. Coupe en lamelles, infuse à froid dans un litre d’eau pendant trois heures, il donne une boisson diuretique remarquable. Cuit à l’etouffee ou à la vapeur, il conserve encore une grande partie de ses propriétés. Un melange poireaux et oignons à l’etouffee constitue une puree excellente qui peut servir de base à une monodiete de huit jours pour nettoyer les reins.

Le poireau possède des vertus diuretiques indiscutables. Son bouillon est connu « de toute eternite pour faire uriner les malades », rappelait Marchesseau. Très laxatogene aussi, il aseptise et draine profondement l’intestin par son enveloppe cellulosique.

L’asperge, souvent accusee a tort de fatiguer les reins, est en realite un puissant diuretique sans danger. Tu peux centrifuger l’asperge crue pour en boire le jus frais en debut de repas. Les brulures urinaires parfois ressenties après consommation d’asperges ou de cresson ne sont que le signe de l’élimination : le corps rejette ses déchets ureiques.

Le pissenlit en salade crue, accompagne d’une sauce légère au citron et aux aromates, est un excellent draineur renal et un facteur d’appetit.

La revitalisation par les plantes potageres

Après le drainage vient la revitalisation, et c’est la que les plantes potageres revelent leur richesse nutritive.

La carotte crue contient un ensemble remarquable de vitamines et de minéraux. G. Knap la qualifiait de « ciment miraculeux pour consolider tout l’edifice organique ». En monodiete (quatre assiettes de puree par jour) ou en jeune hydrique (un a deux litres de jus par jour), elle reussit la ou tout echoue. La cure de santé quotidienne : un litre de jus cru en guise de boisson. Les fanes de carottes, très riches en sels de chaux et en chlorophylle, peuvent être broyees et incorporees aux potages.

Le citron, malgre son gout acide, est un aliment alcalinisant pour ceux qui le metabolisent bien. Un litre de jus donne environ un gramme de calcium. Il combat l’acidose et la demineralisation. Mais prudence : ne jamais en donner aux personnes maigres et frileuses (les « sous-vitaux ») qui l’assimilent mal. La cure se commence toujours par un quart de citron, en augmentant progressivement.

L’oignon, en plus de ses vertus diuretiques, est un revitalisant majeur : 15 à 18 pour cent de silice pour les os, les arteres et les phaneres, une glucokinine qui stimule la production d’insuline, et du calcium soluble a forte dose (20 à 22 pour cent).

Le cassis offre 218 milligrammes de vitamine C pour 100 grammes de fruits frais, une teneur extraordinaire. Il chasse la fatigue et active le jeu hepato-renal.

Comment appliquer l’herbalisme dans ta cuisine

L’herbalisme au quotidien est simple. Il s’agit de privilégier les plantes potageres crues et de saison. Un radis noir rape dans ta salade. Un artichaut mange cru avec une sauce citron-moutarde. Du fenouil en lamelles avec du persil. De l’oignon infuse à froid dans de l’eau. Du poireau en soupe le soir. Du jus de carotte au petit-dejeuner.

Marchesseau insistait sur un point essentiel : « Entre un aliment frais et un aliment cuit, il y à toute la difference qu’apporte la mort. Cela ne se decele pas en laboratoire, mais à l’experience de la vie. » Les enzymes, les vitamines, les diastases sont detruits par la chaleur. C’est pourquoi la consommation crue est toujours superieure.

Quelles plantes potageres privilégier par saison ?

L’herbalisme s’adapte aux saisons. En hiver, les legumes racines (radis noir, carotte, navet) et les soupes chaudes de poireaux et d’oignons. Au printemps, le pissenlit, le cresson, les asperges. En ete, les fruits juteux (cerises, peches, raisins) et les crudites variees. En automne, l’artichaut, le fenouil, le celeri.

Peut-on faire une cure de drainage avec des plantes de cuisine ?

Oui, et Marchesseau le recommandait. Une monodiete de huit jours aux carottes et aux betteraves, accompagnee d’un litre par jour d’infusion froide d’oignons, constitue un excellent drainage de la vesicule biliaire. Pour les reins, une cure de jus de fruits juteux (un a deux litres par jour) pendant une semaine represente un des meilleurs remedes polyvalents.

Combien de temps dure une cure d’herbalisme ?

Marchesseau etait clair : aucune cure de plantes medicinales laxatives ne doit dépasser trois semaines. Pour les plantes potageres, qui sont simplement des aliments, la durée peut être plus longue. Mais toute cure doit s’accompagner d’exercice physique, d’une bouillotte sur le foie le soir, et idéalement de douches rectales.

L’herbalisme peut-il remplacer un traitement medical ?

L’herbalisme n’est pas une médecine. C’est un accompagnement du terrain par l’alimentation. « La plante, seule, isolee de toute reforme de vie, n’a jamais gueri personne », ecrivait Marchesseau. L’herbalisme s’inscrit toujours dans une reforme globale de l’hygiene de vie.

Ce qu’il faut retenir

« Tout le secret de la médecine reside dans la fonction eliminatrice, inherente a tout organisme vivant, et qui se manifeste spontanement, sans l’aide d’aucun remede. Mais chez les sujets surcharges, sans vitalite, ou vieillissant, il est bon d’aider cette fonction. C’est l’art de l’hygieniste. » Marchesseau nous rappelle que les plantes de notre cuisine sont les premières allies de notre santé. Le radis noir, l’artichaut cru, le fenouil, l’oignon, le poireau, la carotte, le citron : voila ta pharmacie végétale. Pas besoin de plantes exotiques ni de gelules standardisees. Il suffit d’un extracteur, d’un bon couteau, et de legumes frais de saison.

Pour approfondir la philosophie de l’herbalisme et découvrir les enseignements complets de Marchesseau, Carton et Bertholet sur le rapport entre plantes et terrain, retrouve l’article complet sur francoisbenavente.com.


Sources : P.V. Marchesseau, De l’usage des plantes en naturopathie, Livret N.44. Paul Carton, La Doctrine d’Hippocrate.

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Francois Benavente

Naturopathe certifié, fondateur de PranaCook

Passionne de cuisine saine et de micronutrition, Francois accompagne ceux qui souhaitent reprendre le controle de leur alimentation. Retrouvez ses articles complets sur francoisbenavente.com.

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